Livre noir

Malades longue durée 2016

Notre vision

Ce site internet a été créé par Médecine pour le Peuple, le réseau de maisons médicales du PTB, en réaction au projet d’arrêté royal de Maggie De Block concernant la remise au travail des personnes malades. Cet arrêté prévoit un trajet de réintégration qui pourra démarrer après 2 mois d’incapacité de travail.

Bien sûr nous sommes pour que les malades de longue durée qui le souhaitent puissent reprendre un travail adapté et retrouver une satisfaction au travail. Mais ça n’est certainement pas le résultat qu’on peut attendre de cet arrêté royal.

Pourquoi devons-nous stopper cet arrêté royal qui sanctionne les travailleurs malades :

  •   Cet arrêté rejette la responsabilité sur les malades. Alors que les principales causes de l’augmentation des absences pour maladie de longue durée sont l’allongement des carrières, suite aux réformes sur les pensions et prépensions, et l’augmentation de la pression au travail. Ceci se traduit le plus souvent par des troubles de l’appareil locomoteur et par des troubles psychiques comme le stress et le burn-out. De récentes études de Securex et de l’Inami rappellent ces constats.
  •  Au moment où il sort cet arrêté, le gouvernement s’apprête à faire passer une loi (Loi Peeters) qui va généraliser la flexibilité du travail, ce qui aura encore des conséquences graves sur la santé des travailleurs.
  •  Même si le texte de l’arrêté dans sa version actuelle ne prévoit pas de sanction financière, le gouvernement a conclu un accord de principe lors du réajustement budgétaire pour introduire prochainement des sanctions pour les malades qui refuseraient le plan de réintégration ou ne coopéreraient pas suffisamment. Il s’agira probablement d’une diminution de 10% du montant de l’allocation-maladie. Les travailleurs sont donc sanctionnés 2 fois par le gouvernement : D’abord parce qu’on leur impose des conditions de travail qui les rendent malades, ensuite parce qu’on diminue l’allocation avec laquelle ils doivent survivre.
  •  L’objectif annoncé de cette mesure est uniquement budgétaire. Le gouvernement espère réaliser une économie de 122 millions par année.
  •  Cette mesure s’inscrit dans la lignée de la chasse aux chômeurs et du contrôle des allocataires sociaux. Elle dirige une fois de plus le projecteur vers ceux qui sont déjà au bas de l’échelle sociale. Et elle véhicule l’idée que si on ne met pas la pression sur les travailleurs, ils vont rester toute leur carrière à charge de la collectivité, alors que les chiffres montrent que 80% des travailleurs reprennent spontanément le travail dans les 6 mois.
  •  L'arrêté impose des obligations aux travailleurs malades uniquement, mais n’en impose aucune au patron. En effet, l’employeur n’est pas tenu de proposer un poste adapté à son employé. La responsabilité de l’employeur n’est tout simplement pas abordée dans le texte de l’arrêté royal.
  •  Il n’est pas prévu d’allouer aux mutuelles des moyens financiers pour assumer cette mesure. Les médecins conseils ne sont pas en nombre suffisant pour pouvoir réaliser un travail d’accompagnement des malades en collaboration avec le médecin traitant. Veut-on des médecins conseils qui sanctionnent sur dossier ?

Nous réclamons une réintégration sur base volontaire et à la mesure du patient, avec responsabilisation de l’employeur concernant l’offre d’un poste adapté.

Sanctionner les travailleurs malades? Non.
La coupe est pleine.
STOP à la chasse aux malades, STOP à l'arrêté royal de Maggie De Block