Livre noir

Malades longue durée 2016

Accident de roulage – invalidité - difficultés financières – revalidation interrompue

Un de mes patients a été victime d’un accident de la circulation il y a deux ans. À l’époque, il avait 28 ans et ne travaillait pas depuis assez longtemps pour pouvoir bénéficier d’une indemnité maladie complète.

Deux ans plus tard, je constate que rien n’a été fait pour « retaper » le patient. En effet, depuis l’accident qui lui a valu une épaule cassée, il ne s’est jamais rendu chez un kinésithérapeute ou un spécialiste pour poursuivre le traitement, et ce parce qu’il n’avait pas droit à l’indemnité maladie.

Après l’accident, il a été reconnu invalide à 66 % jusqu’au 30 juin 2015. Ce qui lui donnait droit à une ARR (allocation de remplacement de revenus) de 95 euros par mois, vu que son épouse percevait un revenu comme employée. Toutefois, ce salaire et cette petite allocation de 95 euros ne permettaient pas à ce couple et leurs trois enfants de joindre les deux bouts. Ce qui explique pourquoi le patient a dû « économiser » sur sa revalidation. Et depuis le mois de juillet de l’année dernière, il ne perçoit même plus cette petite allocation, puisque le médecin-contrôle a estimé qu’il n’y avait plus droit.

Aujourd’hui, le patient est toujours sans emploi et ne perçoit aucune indemnité maladie puisque sa mutualité n’intervient pas pour les séances de kinésithérapie. Or, le patient n’est pas en état de travailler avec une épaule qui n’est pas totalement rétablie, à cela s’ajoute une difficulté supplémentaire, car ce patient ne maîtrise pas parfaitement la langue néerlandaise rendant plus fragile encore sa position sur le marché de l’emploi.

Un plan d’activation qui fonctionne aurait dû prévoir pour ce patient des indemnités lui permettant de couvrir les frais de revalidation chez le kinésithérapeute pour ensuite pouvoir reprendre le travail. C’est bien la preuve qu’un plan d’activation ne peut fonctionner si les patients n’ont pas droit à des indemnités. Au contraire, les patients sont souvent aspirés dans une spirale négative pour finalement se retrouver sans emploi. (témoignage d’un médecin généraliste)

(témoignage d’un médecin généraliste)