Livre noir

Malades longue durée 2016

Boucherie – grande distribution – épicondylite – existence de poste adapté mais refus de l’employeur

Bert a 36 ans et travaille depuis 10 ans comme boucher d’une grande enseigne de supermarchés. Il souffre d’une épicondylite due notamment au travail de désossage.

Acuponcture, infiltrations de cortisone, séances de kinésithérapie n’ont été d’aucune aide. L’opération reste la seule option. Toutefois l’incertitude subsiste quant à la manière dont les choses vont évoluer. Selon les directives internationales de l’Evidence Based Medicine, l’intervention doit être suivie de neuf mois de repos avec exercices. Or, cela n’est possible que dans le cas d’un travail adapté. Bert veut retourner travailler. Rester à la maison, ce n’est pas pour lui, et cela est aussi synonyme de perte de revenus, chose qu’il ne peut se permettre puisqu’il a un prêt hypothécaire à rembourser. Le médecin du travail a déjà fait savoir qu’il n’y avait pas de poste adapté pour lui. Mais Bert sait que c’est faux, il a vu sur le site web du supermarché des offres d’emploi pour le poste de contrôleur de la qualité de la viande, un poste qui lui conviendrait parfaitement. La réalité c’est que le patron ne veut que des employés en parfaite condition. Les cas comme celui de Bert sont monnaie courante. Depuis 2007 déjà, la loi oblige les employeurs dans le cadre d’une réintégration à offrir au travailleur un poste adapté ou un autre poste dans l’entreprise. Il s’agit plus exactement de l’article 34 de la loi sur les conditions de travail d’avril 2007. Malheureusement, huit ans plus tard, cet article n’a toujours pas été implémenté par arrêté royal.