Livre noir

Malades longue durée 2016

Aide-soignante – restriction de personnel – pression – burn-out – reprise dans les mêmes conditions de travail néfastes

Anita est aide-soignante, elle a fait un burn-out suite aux économies et restrictions de personnel :

À chaque visite chez mon médecin, les symptômes que je décris sont toujours liés à mon travail. L’an dernier, vers la mi-juin, j’étais à bout. Je travaillais avec du matériel inadéquat, dans des locaux trop étroits et sous une forte pression due aux échéances et au manque de personnel.

Je dormais très mal et au travail, je souffrais régulièrement de maux de ventre et de diarrhées dues au stress. J’ai aussi commencé à de plus en plus perdre mon calme vis-à-vis de mes collègues, bien sûr ce n’était pas de ma faute, mais celle des conditions dans lesquelles nous devions tous travailler. Je ne pouvais pas me tourner vers le service du personnel, et il n’existait pas non plus de service de médiation auprès duquel je pouvais me plaindre.

Heureusement, mon médecin a su me convaincre que mes frustrations et remarques cyniques envers mes collègues n’étaient pas dues à ma personnalité, mais à un burn-out imminent. Après moi, d’autres collègues y passeraient si on ne faisait rien pour améliorer rapidement les conditions de travail.

Après qu’il m’ait ouvert les yeux sur cette réalité, j’ai suivi le conseil de mon médecin et j’ai accepté de me reposer quelque temps à la maison. Plus tard, j’ai également suivi son conseil de consulter un psychologue. En septembre, je me sentais nettement mieux et j’ai repris le travail. Mais très vite, je suis retombée dans la routine.

Sur les conseils de mon médecin, j’ai pris contact avec le conseiller en prévention qui a rassemblé toutes les plaintes et adressé un courrier à la direction afin d’attirer son attention sur les conditions de travail du personnel. Le conseiller en prévention demandait également dans sa lettre qu’une enquête soit menée auprès du personnel de manière à relever les plaintes et préoccupations de mes collègues.

Peu de temps après, j’ai reçu un appel téléphonique de mon chef de service qui n’avait aucunement l’intention d’octroyer un répit au personnel. Même si j’avais pris la ferme décision de ne plus toujours dire oui et de respecter mes limites, mon supérieur a été on ne peut plus clair : « Le travail c’est celui-là et si tu n’es pas capable de gérer la pression, c’est ton problème. Dorénavant, je veux que tous les quarts d’heure, vous m’informiez de ce que vous faites ».

Les conditions de travail qui m’ont rendue malade n’ont pas changé. J’ai repris le travail, parce que je n’avais pas d’autre choix… Plutôt qu’une reprise progressive comme cela avait été conseillé, c’est une pression énorme qui m’est imposée ainsi qu’au reste du personnel.