Livre noir

Malades longue durée 2016

Mère de famille avec emploi – horaire variable et surmenage – burn-out – pas de poste adapté – refus de rechute en incapacité de travail

J’ai 36 ans, 4 enfants, et mon mari est en invalidité. Pour assurer mon rôle de mère et de principale source de revenu de la famille, je me suis toujours donnée à fond, que ce soit à la maison ou au travail. Malheureusement, au début de l’année dernière (janvier 2015), j’ai dû arrêter le travail suite à un burn-out et une dépression, résultat de plusieurs années de surmenage.

En janvier 2015, j’ai donc pris un congé maladie. J’ai été suivie par mon médecin traitant et plus tard par un psychologue également. Un parcours balisé au cours duquel j’ai fait d’incroyables progrès, si bien qu’en octobre 2015 je prévoyais un retour progressif au travail dans les trois à quatre mois.

En novembre 2015, j’ai été convoquée par le médecin-conseil de la mutualité. Au terme d’un seul entretien, ce dernier a estimé que j’étais apte à reprendre le travail. Selon lui, rester à la maison n’était pas la solution à mon problème, il disait que sa propre mère avait fait une dépression et que reprendre le travail lui avait permis de se rétablir très rapidement. Il a fallu que je me contente de cette justification.

Le médecin-conseil m’a toutefois prescrit une reprise du travail avec « poste adapté », précisant clairement que les postes avec horaire variable, forte pression et pics d’activité devaient être évités. Or, c’est exactement ce genre de poste que j’occupe. Lorsque je le lui ai fait remarquer, le médecin-conseil a alors répondu froidement qu’il ne me restait plus qu’à me faire licencier pour raisons médicales. C’est donc le couteau sous la gorge que je suis retournée travailler.

Comme je m’y attendais, une fois de retour au travail on m’a certifié qu’il n’y avait pas de poste adapté. J’ai dû reprendre mon ancien poste, la pression et les pics d’activité. Le médecin du travail m’avait conseillé de retomber en congé maladie à partir du 9 décembre. La demande a finalement été refusée par la mutualité sur les conseils de ce même médecin du travail et sans que mon médecin traitant et moi-même n’ayons été informées. J’ai trouvé cette manière de procéder très impersonnelle, froide et bureaucratique. Mais ce n’est pas tout, nous n’avons été informées du refus que le 4 janvier suivant.

À présent, l’unique alternative qu’il me reste est de contester ce refus devant le Tribunal du Travail. Le plus triste dans toute cette histoire c’est que les efforts de mon médecin et du psychologue pour m’aider à me sentir bien à nouveau risquent d’être réduits à néant. J’ai en effet nettement régressé à cause du stress, du doute et surtout le fait que la décision a été prise par un médecin-conseil qui ne me connaît pas et qui m’a jugée sur base d’un entretien de 5 minutes.